Écouter autrement les « Je ne sais pas » pour mieux comprendre ce qu'ils expriment et accompagner l'émergence des réponses.

26/07/2026

« Je ne sais pas » : et si nous l’écoutions autrement ? 

Café Coach du 24 juillet 2026

 

 

« Je ne sais pas »… Trois mots que nous entendons régulièrement en coaching.

Trois mots capables de générer chez le coach une étonnante agitation intérieure : envie d’aider, de relancer, de reformuler, de comprendre… voire une tentation d’interpréter ce qui peut se cacher derrière ces trois mots.

Avant même d’explorer ce que ce « Je ne sais pas » raconte de notre client, il peut donc être intéressant d’observer ce qu’il réveille chez nous.

Notre besoin de comprendre ? D’être utile ? De maîtriser ce qui se passe ? Notre rapport au silence, au vide, à l’incertitude ? Et parfois, sa réponse vient résonner avec notre propre histoire.

Et si nous changions de regard ? Si le « Je ne sais pas », plutôt qu’un obstacle à dépasser, devenait simplement une information à explorer ?

Tous les « Je ne sais pas » se ressemblent à l’oreille. Pourtant, ils peuvent raconter des histoires très différentes.

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1. « Je ne sais vraiment pas »

Quand la réponse reste à construire

 

Parfois, la personne ne sait tout simplement pas.

La question est juste et elle arrive sur un territoire qu’il a encore peu exploré. Les repères ou les représentations nécessaires pour y répondre restent à construire.

La réponse est spontanée et sincère, souvent accompagnée d’un regard direct, sans évitement ni émotion particulière.

 

Ici, le rôle du coach consiste moins à obtenir une réponse qu’à créer les conditions de l’exploration : ouvrir des pistes, faire émerger des éléments, permettre à la réflexion de se construire progressivement.

Qu’est-ce qui est important pour vous ?

Quel métier vous conviendrait ?

Que voulez-vous vraiment ?

 

Le « Je ne sais pas » devient alors un point de départ.

 

 

2. « Je ne sais pas… encore »

Quand quelque chose cherche son chemin

 

Le regard se déplace. Un silence s’installe. La respiration change, une hésitation apparaît.

Quelque chose est déjà en mouvement. La réponse cherche encore sa forme.

C’est souvent ici que notre propre rapport au silence entre en scène. Quelques secondes paraissent parfois longues lorsque nous attendons une réponse…

Et pourtant, ces quelques secondes peuvent être précieuses.

Attendre et laisser émerger deviennent alors une véritable intervention de coaching. Laisser à la pensée le temps de se déployer, aux sensations de remonter, aux mots de se poser.

3. « Je sais… et je n’ose pas le dire »

Quand la réponse a un prix

 

Parfois, la réponse est déjà là.

Seulement, la dire peut réveiller des peurs : peur du jugement, peur de décevoir, peur de changer, peur d'assumer.

Et souvent le corps répond avant les mots : une expression, une tension, un mouvement de retrait.

Mettre la personne face à une vérité qu'elle n'est pas encore prête à assumer pourrait alors créer davantage de résistance.

Le coaching peut alors offrir cet espace où exprimer ce que, quelque part, la personne sait déjà.

Dans cet espace, travailler la sécurité relationnelle devient essentiel. La personne pourra déposer sa réponse lorsqu’elle se sentira suffisamment en sécurité pour la regarder et l’assumer.

 

 

4. « Je ne veux pas savoir »

Quand le non-savoir protège quelque chose

 

Un changement brutal de sujet. Un sourire soudain. Une émotion qui affleure puis disparaît.

Quelque chose cherche peut-être à être protégé : une loyauté, une sécurité, un équilibre, une représentation de soi.

Le coach peut alors favoriser un changement de perspective :

Que protège ce Je ne sais pas ?

 

Ce qui pourrait ressembler à une résistance prend un autre sens : celui d’une protection qui a sa raison d’être. L’accueillir permet parfois, progressivement, de l’assouplir.

5. « Je suis partagé »

Quand plusieurs réponses sont vraies

 

Partir ou rester. Entreprendre ou sécuriser. Dire ou se taire…

La personne argumente successivement pour les deux options. Beaucoup de phrases commencent par « Oui mais… » ou « D'un côté… de l'autre… »

Elle connaît ses options. Chacune porte quelque chose d’important et renoncer à l’une d’elles est difficile.

 

Avant de chercher à trancher, il peut être précieux d’accueillir l'ambivalence, de laisser chaque option prendre sa place.

Qu’est-ce que cette option cherche à préserver ? À nourrir ?

Que faudrait-il entendre de chaque côté ?

 

Le choix pourra ensuite émerger à partir de ce qui compte vraiment pour la personne.

 

 

6. « Je suis déconnecté de moi-même »

Quand il faut retrouver le chemin vers soi

 

À la question « Qu’est-ce que vous avez envie de faire ? », la personne évoque ce qui paraît logique, raisonnable ou attendu. Elle rencontre des difficultés à parler de ce qu’elle ressent. Ses réponses sont très rationnelles. Elle utilise des formulations générales « Comme tout le monde… » ou « Peu importe… »

Certains ont tellement appris à penser, à s’adapter ou à répondre aux attentes extérieures que leurs propres ressentis et besoins sont devenus moins accessibles.

Le chemin consiste alors à revenir progressivement au vécu : une situation concrète, une sensation, une émotion, une image…

Et, doucement, l’accompagner à retrouver une autre manière de s’écouter.

7. « Je suis saturé »

Quand la question est simplement trop grande

 

« Que voulez-vous vraiment dans votre vie ? »

Belle question d’ouverture… et parfois, question trop grande pour être saisie d’un seul bloc.

Un soupir, un regard qui se perd, trop d’informations qui arrivent en même temps : le « Je ne sais pas » signifie alors peut-être simplement « Je ne sais pas par où commencer. »

 

L’invitation pour le coach est alors de réduire la focale : découper, fractionner, rendre la question accessible.

Parmi tout ce qui vient d’être dit, par quoi voulez-vous commencer ?

Qu’est-ce que vous savez déjà, même un tout petit peu ?

 

Parfois, une question plus petite ouvre un espace beaucoup plus grand.

 

 

Créer les conditions de l’émergence

Écouter avant de chercher à faire avancer

 

Avec trois mots identiques, ces sept « Je ne sais pas » recouvrent autant de réalités différentes.

 

Chacun vient interroger notre posture de coach :

notre envie d’aider peut nous faire intervenir vite,

notre curiosité multiplier les questions,

notre expérience nous entraîner vers une interprétation,

notre frustration nous faire croire que la personne résiste,

notre souci d’efficacité nous pousser à accélérer.

 

Et chacun appelle un ajustement différent.

L’un appelle du temps. Un autre du silence. Un autre encore de la sécurité. Certains invitent à accueillir une protection ou une ambivalence. D’autres à revenir au vécu ou à rendre la question plus accessible.

 

Le rôle du coach se joue dans cette capacité à rester suffisamment présent et attentif pour entendre ce qui se dit derrière les mots et créer les conditions pour que la réponse puisse émerger, au bon moment.

 

Alors, lorsqu’un prochain « Je ne sais pas » viendra se poser dans une séance, peut-être pourrons-nous simplement nous demander : quel « Je ne sais pas » suis-je en train d’entendre… et de quoi mon client a-t-il besoin pour poursuivre son chemin ?

Participants par ordre alphabétique

A COMPLETER

Sandrine BARATON, Nathalie CORTI, Caroline DOGNIN, Béatrice LEOPOLD, Nadine LESEUR, Cyril MONTEIRO, Marie-Blanche PENNINGTON

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TémoignagesUne note de 5/5 sur 98 avis

Floriane L
Marie-Blanche, quelle belle rencontre inspirante ! Merci pour la confiance que vous m'avez redonnée, la bienveillance et la patience dont vous avez fait preuve tout au long de ce processus guidé d'introspection personnelle, qui donne naissance à un projet professionnel sur mesure et adapté. Je vous recommande les yeux fermés.
Lucile Hurault
Je recommande Marie-Blanche les yeux fermés ! Nos échanges ont largement dépassé toutes mes attentes et m’ont apporté bien plus que ce que j’aurais pu imaginer. À chaque séance, elle a fait preuve d’une grande clarté et d’une profonde bienveillance ce qui m'a permis de transformer des sensations floues en une vision précise de mes besoins et de mes attentes professionnelles. Ce bilan m’a permis d'identifier mes forces, de définir clairement la direction que je souhaite prendre, et surtout, de comprendre pourquoi cette voie me correspond. Je sais désormais reconnaitre ce qui ne me conviendrait pas, ainsi que les éléments qui me manquent actuellement. Si vous ressentez le besoin de changement mais que vous ne savez pas lequel ni pourquoi, n’hésitez pas : Marie-Blanche saura vous aider ! Merci Marie-Blanche :)
YVANNE INVERNIZZI
J’ai eu la chance de suivre une formation avec Marie Blanche Pennington et je recommande vivement sa formation. Au-delà de la transmission de connaissances, c’est une véritable intelligence émotionnelle qu’elle partage, avec justesse, humanité et exigence. Elle incarne pleinement son métier : authentique, engagée, profondément tournée vers l’autre. Grâce à elle, j’ai non seulement appris, mais j’ai aussi clarifié ma propre posture d’accompagnante. Elle m’a permis de confirmer que je suis à ma place dans l’accompagnement des personnes en transition professionnelle — et je lui en suis infiniment reconnaissante.

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