Comment les coachs peuvent contribuer à une culture de prévention et d'écoute

01/12/2025

Santé mentale : un enjeu collectif

Le sujet de la santé mentale est de plus en plus présent dans les médias, dans les entreprises, dans les conversations du quotidien. Et ce n’est pas un hasard, depuis 2025, la santé mentale est déclarée Grande Cause Nationale.Une reconnaissance forte d’un sujet longtemps perçu comme flou, intime, parfois tabou. Cette reconnaissance rappelle que la santé mentale n’est pas un sujet marginal, mais un enjeu humain, social et professionnel majeur.

Mais derrière le terme “santé mentale”, qu’entend-on exactement ? Maladie ? Fragilité ? Tabou ? Et quel rôle pouvons-nous jouer, nous coachs, dans ce vaste champ de conscience, de prévention et d’accompagnement ?

C’est tout l’objet du workshop animé début décembre par Céline Vilar, facilitatrice, coach intuitive, formatrice softskills, thérapeute santé physique et mentale. Elle a invité les membres du réseau Co&axial à explorer ce thème essentiel avec un objectif clair : mieux comprendre pour mieux accompagner. Elle nous a offert un éclairage précieux sur ce sujet terriblement actuel.

La santé mentale, où en est-on ? Quelques chiffres pour mesurer l'enjeu

Avant d'entrer dans les concepts, voici quelques chiffres clés récents qui permettent de prendre la mesure du sujet.

Ils sont issus de plusieurs sources : Baromètre 2024 Santé publique France, Ministère de la Santé via info.gouv.fr, enquêtes d'opinion Ipsos sur la santé mentale.

  • Près d'un adulte sur six en France (16% des 18-79 ans) a vécu un épisode dépressif caractérisé au cours des 12 derniers mois
  • Parmi ces personnes, plus d'une sur deux (56%) n'a consulté aucun professionnel de santé, avec un non-recours plus marqué chez les hommes
  • La santé mentale a été érigée en Grande cause nationale 2025 : le gouvernement rappelle qu'environ une personne sur quatre connaîtra un trouble psychique au cours de sa vie, et qu'un salarié sur quatre se dit en mauvaise santé mentale
  • Selon une enquête Ipsos, 57% des Français déclarent penser régulièrement à leur bien-être mental, et 39% considèrent la santé mentale comme un problème de santé majeur
  • Plus d'un Français sur cinq (22%) déclare avoir traversé une période de dépression pendant plusieurs semaines au cours de l'année précédente

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Comprendre la santé mentale Une définition exigeante qui parle de potentiel, de contribution et de difficulté

Selon l'Organisation Mondiale de la Santé, la santé mentale est :

« Un état de bien-être qui permet à chacun de réaliser son potentiel, de faire face aux difficultés normales de la vie, de travailler de manière productive et d'apporter une contribution à sa communauté. »

Contrairement à certaines idées reçues, santé mentale ne veut pas dire maladie mentale.
Comme le rappelle l'OMS : « Il n'y a pas de santé sans santé mentale. »

C'est une définition exigeante car elle évoque un panel large de notions :

  • le potentiel individuel,
  • la capacité à fonctionner en traversant les aléas du quotidien,
  • la productivité dans la sphère professionnelle,
  • la contribution collective.

Elle nous rappelle que la santé mentale est à la fois un enjeu individuel et un enjeu collectif.

Le tabouret de la santé mentale Trois pieds pour un équilibre dynamique

Pour rendre la notion plus concrète, Céline nous a proposé l'image simple et parlante d'un tabouret à trois pieds. Un modèle simple pour parler d'un sujet complexe.

La santé mentale repose sur trois piliers :

Le bien-être psychologique

Lié à nos pensées, nos croyances, notre clarté mentale, ce que notre environnement nous renvoie, la pression sociale ou professionnelle.

Le bien-être émotionnel

Lié à notre capacité à identifier, accueillir, réguler et traverser nos émotions.

Le bien-être social

Lié à la qualité de nos relations, notre sentiment d'appartenance, de soutien, de connexion.

A l'image du tabouret, si l'un de ces pieds faiblit, l'équilibre global se fragilise. L'objectif n'est pas la perfection, mais l'écoute des variations naturelles et des signaux faibles.

L'objectif n'est donc pas la perfection, mais l'écoute des signaux qui indiquent que "quelque chose bouge", "quelque chose se fatigue"... Plus nous portons attention à ces signaux, plus nous pouvons agir en conscience pour rétablir l'équilibre avant que le tabouret ne tombe.

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La santé mentale, un continuum avec des hauts et des bas Différence entre variations normales et troubles avérés

La santé mentale n'est pas binaire. Nous oscillons en permanence entre différents niveaux de bien-être, à l'image de nos oscillations entre énergie et fatigue, motivation et lassitude. Nous évoluons tous sur un continuum : des jours où tout va bien, des périodes où la charge mentale augmente, des moments où l'équilibre est fragile

C'est que lorsque

  • les signaux deviennent intenses,
  • durent dans le temps,
  • et créent une altération du fonctionnement quotidien,

que l'on parle de pathologie qui relève du champ médical.

Apprendre à repérer les signaux faibles La prévention commence bien avant le trouble

Avant le trouble, il y a souvent des micro-changements. Parfois ignorés ou minimisés, ils sont de vrais signaux faibles. Apprendre à les repérer est un acte de prévention essentiel.

Céline nous en a partagé plusieurs souvent observés :

  • une fatigue persistante
  • un sommeil perturbé
  • une baisse d'intérêt ou de motivation
  • une irritabilité inhabituelle
  • une difficulté à se concentrer
  • un retrait relationnel
  • une sensibilité plus forte à la pression
  • un besoin de contrôle plus rigidifié
  • un sentiment de débordement récurrent

Un signal seul n'est pas alarmant. C'est leur conjonction qui invite à ralentir, ajuster, se faire accompagner.

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La prévention : un enjeu majeur (et accessible) Éduquer, normaliser, intégrer la santé mentale dans la vie courante

La prévention repose sur l'idée clé que mieux vaut éviter que réparer. Cela passe par :

  • l'éducation émotionnelle,
  • l'écoute des signaux internes,
  • la déstigmatisation,
  • des routines protectrices (sommeil, soutien social, charge mentale...),
  • des espaces de conversation ouverts dans les entreprises...

A titre individuel, l'OMS propose un outil d'auto-évaluation simple et utile : l'indice WHO-5
Il se complète en une minute. On peut le refaire régulièrement, tous les 15 jours par exemple. Il donne une tendance, pas un diagnostic.

Du côté des entreprises, certaines hésitent encore à aborder ces sujets, par crainte d'ouvrir une "boîte de Pandore". Pourtant, la prévention diminue les risques, améliore la qualité relationnelle et réduit l'absentéisme. C'est un investissement bénéfique.

Le rôle du coach : prévenir, accueillir, orienter Accompagner avec conscience, sans dépasser nos limites professionnelles

Le coach n'est pas thérapeute. Il n'a pas vocation à diagnostiquer, ni à traiter.

Néanmoins il peut être un acteur clé de la prévention, en agissant sur plusieurs plans :

  • encourager la parole
  • écouter activement, sans jugement
  • mettre en lumière les signaux faibles
  • amener de la conscience sur les habitudes, les pressions, les schémas
  • soutenir la mise en place de routines protectrices
  • orienter, lorsque nécessaire, vers des ressources spécialisées (médecins, psychologues, psychiatres, urgences si besoin)

Comme l'a rappelé Céline :

« Parfois, nous devons sortir un instant de notre rôle de coach pour entrer dans celui de citoyen. Lorsque la situation l'exige, l'humanité passe avant le cadre. »

Cette phrase rappelle notre responsabilité éthique et citoyenne : présence, discernement, responsabilité.

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La santé mentale pour nous, coachs ? On ne peut accompagner l'autre que depuis un espace intérieur stable

Impossible d'être à l'écoute de l'autre si l'on ne s'écoute pas soi-même. Notre propre santé mentale est un pilier de notre qualité de présence.

Pour nous coachs, cela passe par :

  • la gestion de notre charge émotionnelle,
  • notre capacité à sentir nos propres limites
  • nos routines de soutien
  • notre propre équilibre sur les trois pieds du tabouret
  • le respect de notre énergie
  • nos espaces de supervision

Se former aux Premiers Secours en Santé Mentale Une compétence utile, accessible pour agir avec justesse

Aujourd'hui les formations aux Premiers Secours en Santé Mentale (PSSM), se développent largement. Elles permettent d'identifier, accueillir, rassurer et orienter sans se substituer aux professionnels de santé. Elles ne font pas de nous des soignants, mais renforcent notre capacité d'agir avec justesse, humanité et responsabilité. Elles nous permettent de savoir comment faire face à une situation préoccupante, de savoir quoi faire et comment le faire.

Le lien entre coaching et santé mentale est un terrain d'avenir : un espace de prévention, un levier de transformation positive, un soutien essentiel pour les individus et les organisations.
En développant cette culture, nous contribuons à une société plus consciente et plus bienveillante envers le bien-être mental de chacun.

 

Participants par ordre alphabétique

Hélène BLANCHARD, Nathalie CORTI, Marie Agnès DELCOURT, David DEWEZ, Caroline DOGNIN, Nathalie HERON, Catherine LANÇON, Béatrice LEOPOLD, Axelle MARTINELLI, Cyril MONTERO, Nathalie NOBYN, Mathilde PARMENTIER, Nathalie PASSUTO, Marie-Blanche PENNINGTON, Elsa

Vous souhaitez un renseignement ou un devis ?

Article rédigé par Nathalie CORTI, plume du réseau Co&axial depuis novembre 2021.

 

TémoignagesUne note de 5/5 sur 96 avis

YVANNE INVERNIZZI
J’ai eu la chance de suivre une formation avec Marie Blanche Pennington et je recommande vivement sa formation. Au-delà de la transmission de connaissances, c’est une véritable intelligence émotionnelle qu’elle partage, avec justesse, humanité et exigence. Elle incarne pleinement son métier : authentique, engagée, profondément tournée vers l’autre. Grâce à elle, j’ai non seulement appris, mais j’ai aussi clarifié ma propre posture d’accompagnante. Elle m’a permis de confirmer que je suis à ma place dans l’accompagnement des personnes en transition professionnelle — et je lui en suis infiniment reconnaissante.
Elsa Peralta
Quelle formation de qualité et precieuse! Elle permet d apprehender une multitude d'outils pas à pas afin d adapter le bilan de compétences au plus prés de la demande, des besoins et de la personnalité du benificiaire. Marie blanche anime ce collectif d'apprenants avec beaucoup de bienveillance, d'ecoute et d adaptation. Merci beaucoup.
Arsen Flat
Marie-Blanche a fait preuve de professionnalisme tout au long de mon accompagnement. Elle a eu une écoute très attentive à mon égard et à celui de mon projet. Elle a su me faire exprimer mes points de mal être et ainsi me proposer des outils pour aller de l’avant. Consultante qui m’a mis en confiance dès la première prise de contact, et qui m’a donné en vie de me battre ! Tu as toujours eu les bons mots et je ne te remercierai jamais assez pour ton temps et ta bienveillance.

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